TEXTES
10 / 12 / 2023
Des mots pour des taches
Premier lavis
Entre lignes et taches, une forme d’écriture.
Le lavis, du blanc au noir dans cette infinité de gris, le plaisir du dessin
La pointe légère du pinceau se promène librement jusqu’à se perdre tout en se laissant guidée par l’image projetée.
S’émanciper de l’image vers une autre représentation ou une absence de représentation.
Sommes-nous dans l’immensité du paysage ou dans le détail du feuillage ? La réponse est au spectateur.
Ces obliques nous conduisent-elles à une certaine profondeur ? Des lignes de fuite vers un ailleurs.
Les cônes de lumière représentés répondent au faisceau du projecteur.
Du positif au négatif, entre abstraction et figuration.
« INVENTAIRE »
Inventaire d’un lieu : le parc du lycée Henri Cornat. Un lieu que j’ai fréquenté pendant plus de vingt ans. Je fais l’inventaire artistique du patrimoine naturel fragile autrefois beaucoup plus important.
Un espace entouré d’arbres remarquables qui font la singularité du lycée, ils dominent comme les colonnes d’un édifice. Le parc dessine les contours d’une basilique et nous renvoie à un passé lointain.
Les houpiers étant une des sources majeures de ma gravure, je devais m’arrêter dans ce lieu lié à mon histoire.
D’abord, quelques photos traçant un panoramique et faisant l’inventaire des 24 arbres remarquables. Dans l’atelier viennent ensuite les dessins et la réalisation d’une frise composée de 18 vues.
La gravure revisitée :
J’utilise deux techniques de gravure pour représenter les arbres :
- La gravure sur bois : des plaques de contre-plaqué gravées reprennent les entrelacements des houpiers.
- La gravure taille-douce (photogravure) : des plaques de zinc recouvertes d’un film photosensible (Le Puretch), reproduisent avec un grand réalisme les subtilités des troncs, des branches, des architectures environnantes. Les impressions et les couleurs conduisent vers un autre espace plus onirique.
Un jour de janvier, la tempête Goretti secoue les arbres du parc, et maltraite les toits ; quelques ardoises s’envolent ainsi que des plaques de zinc.
Ces plaques, récupérées, seront les matrices de plusieurs gravures. Elles deviennent troncs, branches et donneront lieu à la réalisation d’une installation conjuguant gravure, sculpture et lumière.
Depuis ma formation aux Beaux-arts de Rennes, le dépassement de la gravure a toujours été présent dans ma démarche :
- Par la réalisation de grands formats.
- Par la réalisation d’installations dialoguant avec l’espace
- Par la multiplication des impressions dans l’atelier : superpositions, déperditions …
- Par une démarche hybride associant sculpture, photographie, dessin et gravure.
Mise en espace :
Le lieu dans lequel j’ai organisé des expositions pendant de nombreuses années m’a également inspiré : L’espace extérieur vient s’inscrire dans cette « rue couverte » voulue par les architectes des deux ailes construites en 2000. « Peu importe l’endroit où vous vous trouvez dans le lycée, le parc doit être toujours visible » M Jacquemard.
La hauteur de l’espace permet de jouer avec la verticalité et porter le regard du spectateur vers le haut, vers les houpiers ?
La verticalité de l’arbre et de l’espace vient en tension avec l’horizontalité du paysage et des frises panoramiques.
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